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Formation pour les investisseurs

01 juin 2018

La répartition tactique de l’actif : trois façons d’accroître le patrimoine

Un seul mot décrit les marchés cette année : volatilité. Lorsque les marchés sont volatils, un plan à pilotage automatique n'est pas suffisant.

Lorsque les marchés sont volatils, les investisseurs ont besoin d’un plan qui n’est pas sur le pilote automatique.

Un seul mot décrit les marchés cette année : volatilité. Contrairement à 2017, le cours des actions monte et redescend, tandis que l'indice de volatilité du CBOE, un élément clé dans la mesure de la volatilité des marchés, a grimpé de presque 63 % depuis le début de l'année.

Bien qu'on recommande généralement d'investir à long terme, pour certains experts cela ne veut pas dire qu'il ne faut jamais rajuster le tir en période de turbulence. Rajuster son portefeuille n'est pas synonyme de spéculation sur séance. Il s'agit d'apporter de petites modifications tactiques à la répartition de l'actif pour profiter de titres qui pourraient être sous-évalués ou offrir de meilleures possibilités. Par exemple, si l'économie européenne prenait son essor et que les actions de ce marché étaient plus attrayantes, un investisseur pourrait vouloir transférer une partie de l'actif alloué aux titres américains à des titres européens.

«Comme un pilote, les investisseurs doivent avoir la possibilité de reprendre les commandes», déclare Kathrin Forrest, une gestionnaire de portefeuille à Placements mondiaux Sun Life. «Si un orage se pointe à l'horizon, vous aurez des décisions à prendre pour être sûr d'arriver à destination.»

Contrairement à la répartition stratégique de l'actif, laquelle est axée sur les attentes à long terme des marchés, la répartition tactique de l'actif est une stratégie de placement où le gestionnaire ou l'investisseur rajuste la composition du portefeuille pour tenter d'en améliorer le rendement à court terme. Il s'agit d'apporter des changements mineurs, sur une période de plusieurs mois, dans l'espoir de produire des rendements supplémentaires.

«Il faut aller au-delà des sujets qui font les manchettes et tenter de comprendre les risques et les occasions», explique-t-elle.

La renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et le risque potentiel que pose le protectionnisme aux États-Unis pour certains secteurs de l'économie canadienne sont deux réalités qui ont motivé Mme Forrest et son équipe à faire une manœuvre tactique. Au cours des quelques derniers mois, ils ont sorti une partie de l'actif dans leurs fonds du marché boursier intérieur pour le placer dans des actions américaines. Ils ont aussi ajouté des obligations canadiennes de haute qualité.

Voir la situation dans son ensemble

Les décisions tactiques relatives à la répartition de l'actif sont souvent prises en tenant compte des facteurs économiques généraux comme la croissance mondiale, les valeurs boursières de divers marchés, les politiques monétaires et budgétaires ainsi que le sentiment du marché, explique Pauline Shum-Nolan, une professeure en finances à la Schulich School of Business de l'Université York, à Toronto.

«Il s'agit d'une stratégie active qui vise à ajouter de la valeur en surpondérant certaines catégories d'actif qui devraient surpasser le rendement attendu à court terme et en sous-pondérant les catégories d'actif qui, selon les prévisions, ne répondront pas aux attentes», déclare-t-elle. «Il s'agit d'anticiper le marché à une échelle macro plutôt que de prédire les résultats d'une entreprise en particulier.»

Bien que des investisseurs avisés puissent être en mesure de faire cela eux-mêmes, la plupart des gens préféreront laisser ce genre de décisions aux gestionnaires professionnels de fonds qui étudient les économies et marchés du monde et qui ont la possibilité de vendre des actifs d'un secteur pour en acheter dans un autre. Le portefeuille des personnes qui choisissent la répartition tactique de l'actif bénéficie de cette stratégie de trois façons.

Amélioration du rendement

Les gestionnaires prennent des décisions tactiques pour saisir des occasions plutôt que pour éviter les risques. La décision de Mme Forrest de sous-pondérer le Canada et de surpondérer les États-Unis est un exemple de manœuvre offensive. Il est probable que de meilleures possibilités existent aux États-Unis en raison des données fondamentales solides et des réductions d'impôt qui ont fait augmenter la confiance des consommateurs et des entreprises.

«Il faut s'assurer de profiter de la hausse potentielle découlant des données fondamentales en général», explique Mme Forrest. «On veut obtenir des rendements supplémentaires. Cela signifie mettre son argent où le rapport risque-rendement est le meilleur.»

Réduction des risques

Cela étant dit, des manœuvres tactiques peuvent aussi servir à protéger un portefeuille contre les pertes. Par exemple, bien que Mme Forrest puisse trouver en ce moment davantage de possibilités aux États-Unis qu'au Canada – d'où le saut vers les actions américaines – elle a aussi ajouté des titres plus prudents, soit des obligations canadiennes de haute qualité, en guise de protection contre l'augmentation de la volatilité des marchés.

Pour Mme Forrest, c'est «investir à la croisée des chemins».

«Vous voulez profiter de la hausse potentielle découlant de données fondamentales qui semblent très solides, mais vous voulez aussi vous protéger contre une baisse», dit-elle.

Selon la professeure Shum-Nolan, les décisions tactiques sont aussi très utiles lorsque les marchés commencent à changer. Si le cycle économique en est à une période de croissance, les investisseurs pourraient allouer une plus grande partie de leur actif à des actions de croissance plutôt qu'à des actions de valeur, puis revenir aux actions de valeur lorsque le cycle s'inverse.

«Il s'agit de prendre les bons paris», déclare la professeure Shum-Nolan. «En bref, il faut anticiper le marché. Tout dépend de votre capacité à prédire systématiquement ce que le marché fera.»

Gestion de la volatilité

Selon Mme Forrest, la volatilité du marché ne disparaîtra pas de sitôt. Elle mentionne les fluctuations récentes du marché découlant de la hausse des taux d'intérêt et de l'inflation, ainsi que de l'incertitude politique.

Heureusement, la volatilité n'est pas nécessairement un facteur négatif.

«Cela crée des occasions pour la gestion d'actif, y compris la répartition tactique de l'actif, en vue d'améliorer le rendement rajusté en fonction du risque», explique-t-elle.

En fin de compte, une approche tactique peut offrir une plus grande stabilité lorsque les marchés fluctuent. En retour, les investisseurs sont plus disposés à croire qu'ils pourront affronter la tourmente.

Selon Mme Forrest : «Il faut s'assurer de profiter de toutes les possibilités pour générer des rendements.»

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