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Le point sur les marchés

03 décembre 2018

Frapper quand ça va mal

Les États-Unis et la Chine s’entendent sur une trêve de 90 jours, mais les guerres tarifaires se poursuivent.

Le 30 novembre, les dirigeants des États-Unis, du Mexique et du Canada ont officiellement signé l’AEUMC, qui remplacera et «modernisera» l’ALENA. Même s’il n’a pas nécessairement gagné au change sur le plan des échanges commerciaux, le Canada a pu pousser un soupir de soulagement à la fin-septembre, quand l’AEUMC a fait l’objet d’un accord de principe après 14 longs mois de négociation et d’incertitude. L’accord doit maintenant être ratifié par les différentes assemblées législatives, ce qui ne manquera pas d’alimenter les discussions politiques, notamment ici au Canada où les tarifs douaniers imposés par les États-Unis sur les importations d’acier et d’aluminium pourraient continuer de soulever des doutes.

Les lois chinoises en matière de technologies demeurent inchangées

Ailleurs dans le monde, les négociations commerciales vont bon train. C’est évidemment la Chine qui occupe le devant de la scène, comme la fin de semaine dernière lors de la réunion des dirigeants du G20 à Buenos Aires où, malgré un report de 90 jours des hausses tarifaires américaines, de profondes divergences ont subsisté. Ces divergences sont connues depuis un moment et ont été réaffirmées le 20 novembre dans la mise à jour présentée par le représentant au Commerce des États-Unis au sujet des lois, politiques et pratiques de la Chine en matière de transfert technologique, de propriété intellectuelle et d’innovation.

Le document expose en détail les objectifs et les préoccupations des États-Unis à cet égard et conclut que, fondamentalement, la Chine n’a pas modifié ses lois, politiques et pratiques et semble même avoir pris des mesures déraisonnables supplémentaires au cours des derniers mois.

Fait intéressant, le document indique que bon nombre des inquiétudes exprimées par les États-Unis sont partagées par l’Union européenne et le Japon, dont les ententes commerciales avec les Américains ne sont pourtant pas à l’abri.

C’est particulièrement le cas de l’UE, qui s’est récemment retrouvée prise entre deux feux. L’UE est un important partenaire commercial des États-Unis, qui se place au premier rang pour les exportations et représentait 22,8 % du déficit commercial des biens des États-Unis en 2016, selon le représentant au Commerce. L’avenir semblait prometteur à la fin du mois de juillet, quand le président américain Donald Trump et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ont publié un communiqué conjoint soulignant l’amorce d’une nouvelle étape dans la relation entre les deux pays.

Les choses semblaient être sur la bonne voie quand, à la fin septembre, les ministres du Commerce des États-Unis, du Japon et de l’UE ont émis une déclaration commune dans laquelle ils réaffirmaient leur objectif de se pencher sur les politiques et pratiques non axées sur le marché de «pays tiers», allusion peu subtile à la Chine.

Automobiles – L’UE se range sur le bas-côté, l’Allemagne prend les devants

Récemment toutefois, les discussions se sont refroidies. Après une rencontre avec le représentant au Commerce des États-Unis Robert Lighthizer, la Commissaire européenne chargée du Commerce, Cecilia Malmström, a fait allusion à des mesures de représailles advenant l’imposition par les États-Unis de tarifs douaniers sur les exportations de voitures et de camions vers le pays. Depuis, les discussions entourant les tarifs douaniers sur les automobiles ont pris de plus en plus de place. Des dirigeants de l’industrie automobile allemande seraient ainsi attendus à la Maison-Blanche le 4 décembre, laissant les négociateurs européens sur la touche.

Ces difficultés viennent s’ajouter aux problèmes que connaît déjà l’UE concernant le Brexit et les objectifs budgétaires de l’Italie. Par ailleurs, les données économiques fondamentales ont aussi montré des signes flagrants de ralentissement. Ainsi, la confiance des entreprises et des consommateurs a reculé, tandis que la croissance du PIB réel et les évaluations prévisionnelles des bénéfices des sociétés ont été revues à la baisse. Sans surprise, les marchés boursiers européens ont affiché des rendements inférieurs à ceux de leur pendant américain, les tensions politiques constantes n’étant pas particulièrement favorables aux investissements.

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