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Le point sur les marchés

30 septembre 2019

Le point sur les marchés | T3 2019

Les marchés ont fait fi des craintes liées à la guerre commerciale et du ralentissement de l’économie mondiale en raison de la position de la Fed.


Points saillants

  • Les états-unis et la chine reprennent leurs négociations commerciales
  • La banque du canada maintient ses taux
  • La fed réduit les taux à deux reprises
  • Les taux des obligations canadiennes et des obligations américaines se replient
  • Les prix du pétrole bondissent, puis chutent à 53,40 $ us le baril
  • Le dollar canadien grimpe à 0,75.5 $ us

Les marchés mondiaux progressent malgré les menaces

On aurait pu s’attendre à ce que les marchés culbutent sous l’effet conjugué de la guerre commerciale sino-américaine, du ralentissement de l’économie mondiale et d’une attaque de drones sur la plus grande installation pétrolière du monde. Or, même la possible destitution du président américain Donald Trump ne les a pas fait tituber. Au contraire, ils ont été stimulés par la chute des taux d’intérêt à l’échelle mondiale, y compris les deux baisses de taux de la Réserve fédérale américaine, l’indice S&P 500 clôturant le troisième trimestre proche d’un sommet historique.

Les marchés se sont bien comportés, mais la grande question planant sur eux au troisième trimestre n’a fait que s’amplifier : l’économie et les bénéfices des entreprises américaines peuvent-ils résister à l’effet pénalisant de la guerre tarifaire? L’économie a répondu en affichant une assez bonne tenue durant le trimestre, les salaires étant en hausse et le taux de chômage ayant atteint un plus bas en 50 ans. Cependant, les perspectives se sont assombries lorsque les données trimestrielles ont révélé l’apparition de fissures dans l’économie américaine, y compris un repli de l’activité manufacturière et un ralentissement de la création d’emplois. Pour l’instant, nous maintenons une position légèrement surpondérée dans les actions américaines, mais nous nous attendons à la réduire vu l’incertitude grandissante.

Nous adoptons une position à peu près neutre à l’égard du Canada, l’économie du pays affichant une bonne tenue au premier semestre de l’année. Toutefois, le ralentissement de la croissance mondiale pourrait commencer à se faire réellement sentir sur ce marché, car l’économie a stagné en juillet, affichant une croissance nulle. Nous continuons de sous-pondérer légèrement les marchés émergents, où les difficultés liées au commerce international entraînent un tassement de l’activité en Chine et dans d’autres pays importants. Nous restons sous-pondérés en Europe, où l’on s’enlise dans le bourbier du Brexit pendant que l’économie de la zone euro ralentit.

Dans l’ensemble, nos positions en actions étaient sous-pondérées de 2,2% à la fin du trimestre, en hausse par rapport à 3% au trimestre précédent.

Les marchés sont à la hausse, soutenus par la faiblesse des taux d’intérêt

D’après l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’économie mondiale a connu son rythme de croissance le plus lent depuis la crise financière de 2008 au troisième trimestre. Pourtant, la plupart des marchés ont clôturé en hausse, portés par l’allégement des politiques monétaires à l’échelle mondiale. Le S&P 500 a battu le marché, augmentant de 1,7 % tandis que l’indice MSCI Monde (USD) gagnait 0,66 %. De son côté, l’indice MSCI EAEO (USD) a monté de 1,0 % – sa progression étant freinée par la tourmente du Brexit et le ralentissement de l’économie (tableau 1).

Au moment où la guerre commerciale ralentit la croissance en Chine et dans bien d’autres pays émergents, l'indice des marchés émergents MSCI (USD) a fait du surplace, clôturant à -4,16 %. Au pays, l’indice composé S&P/TSX a gagné 2,5 %, tiré par la vigueur des actions de services publics (tableau 2).

Tableau 1 : Le S&P 500 clôture à un niveau près de son sommet

Ce graphique compare les rendements des marchés boursiers du monde entier au troisième trimestre de 2019.

Les taux obligataires baissent en Amérique du Nord

Les taux obligataires ont touché de nouveaux creux durant le trimestre; craignant une récession et inquiétés par l’absence de progrès dans les pourparlers commerciaux sino-américains et par le Brexit, les investisseurs se sont précipités sur les obligations dont le prix a donc monté. Le taux des obligations à 10 ans du gouvernement du Canada a commencé le trimestre à1.47 % et l’a terminé à 1.36 %. Le taux des obligations à 10 ans du Trésor américain a également diminué, clôturant le trimestre à 1,67 %, en baisse de 35 pbs.

Les marchés comptent sur le soutien des banques centrales

Redoutant une récession mondiale, près d’une trentaine de banques centrales ont allégé leurs taux d’intérêt depuis le début de l’année. La Banque centrale européenne a fait passer son taux directeur de -0,4 % à -0,5 % en septembre. De même, la Fed a réduit les taux de 25 pb à deux reprises au cours du trimestre, abaissant son taux à un jour dans la fourchette de 1,75 % à 2 %. La Banque du Canada a continué de faire exception puisqu’elle a laissé son taux directeur inchangé à 1,75 %.

L’intervention de la Fed n’a pas satisfait le président américain Donald Trump, qui n’a cessé de demander des baisses de taux beaucoup plus rapides et plus prononcées. Dans un tweet, il a qualifié les gouverneurs de la Fed de «crétins» et réclamé qu’ils instaurent des taux d’intérêt négatifs, visiblement pour refinancer la dette de 22 billions de dollars du gouvernement américain.

Le président de la Fed Jerome Powell a rétorqué que l’économie américaine se portait bien et n’avait pas besoin d’être survoltée par une chute soudaine et marquée des taux d’intérêt. Cela dit, bien que les marchés aient intégré au moins une autre baisse de taux cette année, la Fed paraît divisée quant à l’orientation future des taux d’intérêt.

De fait, le graphique à points publié à l’issue de la réunion de septembre montre que cinq gouverneurs auraient désiré maintenir les taux d’intérêt dans la fourchette de 2 % à 2,25 %, tandis que cinq autres soutenaient la dernière baisse et voulaient les laisser dans la fourchette de 1,75 % à 2 % jusqu’à la fin de l’année. Par contre, sept autres souhaitaient au moins une baisse de plus en 2019. Ces divisions rendent la prochaine décision de la Fed difficile à prédire. Cependant, si le marché subissait une forte correction, la Fed pourrait le soutenir en diminuant de nouveau les taux d’intérêt.

Au Canada, le marché semble avoir intégré une baisse de taux d’intérêt de 25 pb d’ici la fin de l’année ou au début de 2020. Les chances que la Banque du Canada réduise les taux se sont peut-être renforcées depuis que l’économie n’a pas progressé en juillet.

De plus, dans une déclaration qui a suivi sa réunion de septembre, la Banque du Canada a clairement indiqué qu’elle croyait que la guerre tarifaire sino-américaine représentait un risque important, soulignant que «la situation pourrait bien s’aggraver à l’échelle internationale; un choc complexe secouerait alors notre économie et aurait une incidence sur l’offre et la demande».

En outre, vu le poids des États-Unis dans les échanges commerciaux du Canada, la Banque du Canada doit également maintenir son taux directeur relativement en phase avec celui de la Fed, sans quoi elle risquerait de faire monter le dollar canadien et de nuire ainsi aux exportations du pays.

Le Canada commence-t-il à ressentir les effets de la guerre commerciale?

L’économie canadienne a surpris à la hausse plus tôt cette année, avec une augmentation du nombre d’emplois et des salaires. Cependant, il semble se créer davantage d’emplois à temps partiel et faiblement rémunérés. De plus, un certain nombre de risques pèsent sur l’économie. Par exemple, les prix du logement se sont stabilisés mais paraissent encore surévalués. Parallèlement, l’endettement quasi record des consommateurs freine les dépenses de consommation.

Qui plus est, comme nous l’avons indiqué, après quatre mois de croissance, l’économie a calé en juillet avec une contraction du secteur pétrolier et gazier. Ce résultat atone de juillet était inférieur aux prévisions de la Banque du Canada, faisant penser que la croissance pourrait encore ralentir au deuxième semestre de l’année. (Sur une base annuelle, l’économie a crû de 1,3 % en juillet.) Cependant, aucune menace ne semble planer sur l’économie dans l’immédiat, vu les perspectives de baisse des taux d’intérêt.

Une économie qui ralentit pourrait entraîner l’érosion des prix dans le secteur de l’énergie. Toutefois l’économie canadienne pourrait encore bénéficier d’une hausse des prix du pétrole si les conflits s’aggravent au Moyen-Orient. En effet, l’attaque de drones contre la plus grande installation pétrolière du monde en Arabie saoudite a fait grimper les prix du pétrole de 15 %, le cours de référence du West Texas Intermediate (WTI) bondissant de près de 5 $ US le baril pour atteindre 60 $ US le baril. Le WTI a clôturé le trimestre à 53,40 $ US le baril.

Si les marchés devaient se corriger, l’indice composé S&P/TSX pourrait mieux résister que les actions plus coûteuses d’autres pays et du S&P500. Pour l’instant, nous demeurons à peu près neutres à l’égard du marché canadien.

Tableau 2 : Les titres du secteur des services publics permettent à l’indice composé S&P/TSX de gagner du terrain.

Ce graphique illustre les rendements des diverses catégories d’actifs de l’indice composé S&P/TSX au troisième trimestre de 2019. La première place revient aux services publics.

Des fissures commencent à apparaître dans l’économie américaine

Depuis l’amorce de la guerre commerciale, les États-Unis ont imposé des tarifs sur 550 milliards de dollars US de produits chinois importés. À son tour, la Chine a frappé de tarifs 185 milliards de dollars US de produits importés des États-Unis. Aucune des parties ne semble vouloir reculer.

Malgré les tarifs, l’économie américaine a fait preuve de résilience, soutenue par un taux de chômage exceptionnellement bas, une augmentation des salaires et de fortes dépenses de consommation. Cependant, le conflit commercial commence peut-être à faire mal, puisqu’un certain nombre d’indicateurs économiques américains sont devenus négatifs et que la création d’emplois a diminué au cours du trimestre :

  • L’indice des directeurs d’achats, qui a valeur de baromètre, a chuté à son point le plus bas en 10 ans en août.
  • L’activité manufacturière américaine s’est contractée pour un deuxième mois d’affilée en septembre, touchant un creux décennal.
  • Les dépenses de consommation ont augmenté d’à peine 0,1 % entre juillet et août, la progression la plus faible en six mois.
  • La croissance du secteur des services, qui représente près de 80% du PIB américain, a ralenti à son plus bas niveau en trois ans.

Il est trop tôt pour prédire l’ampleur que pourrait prendre un ralentissement aux États-Unis, mais le consensus des économistes fait penser que la croissance du PIB ralentira à 2,2 % cette année et 1,8 % l’an prochain.

Dans cette conjoncture économique assombrie, la tentative des membres démocrates de la Chambre des représentants de destituer le président Trump pourrait provoquer des accès de volatilité, surtout s’il appert que le président (apprécié par le marché) risque véritablement d’être démis de ses fonctions. Cela dit, le marché n’a pas été perturbé par l’annonce de l’amorce d’une procédure de destitution, clôturant la journée à la hausse.

Si l’histoire se répète, la bonne santé de l’économie américaine pourrait l’emporter sur l’impact d’une destitution au niveau du marché. Par exemple, la procédure de destitution de Richard Nixon a coïncidé avec une récession et le S&P 500 a perdu 33 %. Par contre, la procédure visant Bill Clinton s’est déroulée dans un contexte économique prospère et le S&P 500 a gagné 39 %.

Par ailleurs, si l’incertitude politique devait provoquer un repli brutal du marché, la Fed pourrait intervenir en abaissant les taux d’intérêt.

L’Europe s’enlise dans le bourbier du Brexit

Les efforts erratiques du Royaume-Uni pour quitter l’Union européenne ont mené à la démission de la première ministre Theresa May en juillet. Malmené, son successeur Boris Johnson a néanmoins juré de faire sortir le pays de l’UE le 31 octobre – avec ou sans accord commercial. Il désire également le déclenchement d’élections qui contribueraient à régler la question, mais le Parlement s’y refuse. Ceci fait penser que l’impasse du Brexit va persister au-delà du 31 octobre et risque de continuer à peser sur la croissance européenne.

De fait, l’économie de la zone euro se contracte, son pilier allemand frôlant la récession tout comme l’économie italienne. La BCE a abaissé sa prévision de croissance de l’UE de 10 points de base à 1,1 % cette année et de 20 pb à 1,2 % en 2020. Cela s’explique par la «faiblesse prolongée» imputable au ralentissement du commerce mondial qui a érodé les exportations manufacturières européennes (surtout vers la Chine).

La prochaine présidente de la BCE Christine Lagarde – qui a présidé le FMI pendant 11 ans – pourrait apporter quelques idées nouvelles susceptibles d’aider l’économie de l’UE. Pour l’instant, elle croit que le retour à la croissance passe d’abord par la fin de la guerre commerciale qui, à son avis, réduira la croissance mondiale de 0,8 % en 2020. Tant que nous ne verrons pas émerger un élément catalyseur capable de redresser la situation de l’UE, nous continuerons de sous-pondérer l’Europe.

Marchés émergents : La Chine et l’Inde stimulent leur économie

Les marchés émergents ont continué de souffrir du différend commercial sino-américain. En réaction, la Chine et l’Inde ont pris des mesures visant à stimuler leur croissance intérieure durant le trimestre. La banque centrale chinoise a réduit les exigences relatives aux réserves obligatoires des banques en septembre, injectant ainsi 126 milliards de dollars US dans l’économie. C’était la troisième diminution de ces exigences cette année.

L’Inde a emboîté le pas avec un programme de relance de 20 milliards de dollars, comprenant une baisse du taux d’imposition des sociétés qui rivalisera avec certains des plus bas en Asie. Il reste à voir si ces mesures de stimulation auront un effet positif sur l’économie de la Chine, de l’Inde et d’autres grands pays émergents. Jusqu’à ce que nous ayons une idée plus précise de leur impact, nous continuerons de sous-pondérer légèrement ces marchés.

Perspectives : Nette sous-pondération des actions et des titres de crédit

Sauf en ce qui concerne les titres américains et canadiens, nous sous-pondérons les actions. Du côté des titres à revenu fixe, nous adoptons une surpondération et continuons de détenir des obligations de qualité supérieure pour nous prémunir contre le risque de baisse. De plus, nous préférons les titres de créance des gouvernements des pays émergents aux obligations à rendement élevé.

  • Nous surpondérons légèrement les actions américaines, tout en cherchant des occasions de réduire notre position.
  • Nous sommes à peu près neutres à l’égard du Canada puisque l’indice composé S&P/TSX pourrait mieux résister à un dégagement imputable aux enjeux du commerce international.
  • Le Brexit minant l’économie européenne et l’Allemagne et l’Italie frôlant la récession, nous terminons le trimestre en sous-pondérant de près de 2,5 % les actions de la zone EAEO.
  • Nous continuons de sous-pondérer légèrement les marchés émergents, qui ont souffert de la guerre commerciale et du ralentissement de l’économie chinoise.
  • Nous nous attendons à ce que le dollar américain se renforce vis-à-vis d’autres monnaies, mais puisse reculer fortement face au dollar canadien si la Fed continue d’abaisser ses taux et que la Banque du Canada s’abstient de modifier les siens.

Globalement, nous cherchons des façons de réduire les risques et de tirer parti des possibilités de placement. Pour le moment cependant, nous sommes à l’aise avec le positionnement des Portefeuilles gérés Granite Sun Life.

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