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Leadership éclairé

17 juin 2020

Compte rendu éclair

Nous nous intéressons aux idées des livres sur l’économie comportementale pour vous rappeler des concepts utiles que vous connaissez peut-être déjà et qui peuvent vous aider à comprendre le comportement des investisseurs.

Good Economics for Hard Times par Abhijit V. Banerjee et Esther Duflo

Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis senti en vacances quand j’ai lu le livre Good Economics for Hard Times (Économie utile pour des temps difficiles en français). L’une des définitions du mot « vacant », qui est apparenté à « vacances », est de laisser derrière soi quelque chose qu’on a déjà occupé. Songez à la place qu’occupait l’information au cours des trois dernières décennies. Avant l’Internet, l’information était diffusée à tout le monde, selon un modèle bien accepté, qui regroupait divers types de nouvelles : nouveautés, politique, célébrités, controverses et tragédies. Avec la concentration et la spécialisation des médias, l’information a été remplacée par les opinions (information avec un assaisonnement additionnel). Au même moment, l’expertise a été remplacée par l’« influence », en raison de la démocratisation des médias. À chaque étape des changements, le rôle de l’analyse critique s’est affaibli. Et l’étape la plus récente, les absurdités inventées dans le but de mal informer, est l’aboutissement cynique de tout cela.

Le livre Good Economics for Hard Times m’a permis de voyager à l’encontre de cette tendance dans le monde de l’information. Quel voyage rafraîchissant! Abhijit V. Banerjee et Esther Duflo, un couple marié de MIT qui a gagné le prix Nobel d’économie en 2019, ont abordé des sujets difficiles de manière nuancée. Ils parlent de migration, de commerce international, de croissance du produit intérieur brut, de changement climatique et du remplacement des employés par des robots. Ils abordent aussi la question de l’impôt sur le patrimoine et du revenu de base universel. En résumé, ils examinent les problèmes économiques qui étaient, selon nous, les plus importants avant la COVID-19.

Dans son discours d’acceptation du prix Nobel, Mme Dufflo a reconnu que les gens faisaient peu confiance aux économistes. Les auteurs présentent la même constatation au début du livre. En fait, selon un sondage mené au Royaume-Uni en 2017, les économistes se classaient à l’avant-dernier rang des professionnels qui inspiraient confiance, juste devant les politiciens. Les auteurs offrent des raisons pour ce manque de confiance : comme les économistes sont des spécialistes des sciences sociales, il leur est difficile de formuler des conclusions fermes. Et les économistes qui parlent aux médias tentent souvent de prédire la croissance, ce qui donne lieu à des résultats plus ou moins exacts.

M. Banerjee et Mme Duflo luttent contre cette perception négative en faisant preuve d’humilité. Dans le chapitre « Make Economics Great Again », ils signalent qu’il ne faut pas comparer les économistes aux ingénieurs. « Les économistes ressemblent davantage à des plombiers. Pour trouver des solutions aux problèmes, nous faisons appel à notre intuition (qui se base sur la science), à nos opinions (qui dépendent de notre expérience) et à un grand nombre d’essais et d’erreurs. »

Dans le livre, M. Banerjee et Mme Duflo font référence à des expériences naturelles et à des expériences contrôlées pour expliquer leurs perspectives. Ils examinent, par exemple, l’impact qu’ont eu les migrants sur les salaires des travailleurs locaux au Danemark. Entre 1994 et 1998, le Danemark a adopté une politique unique, qui permettait aux migrants de s’installer dans des endroits où il y avait des logements publics disponibles et une capacité administrative adéquate. L’échantillon aléatoire créé par cette situation a permis de faire des comparaisons entre les villes qui ont reçu des migrants et celles qui n’en ont pas reçu. Après 1998, les nouveaux migrants se sont généralement installés là où les gens de leur groupe ethnique vivaient déjà. En comparant l’évolution des salaires et de l’emploi des travailleurs d’origine danoise dans les villes où il y avait plus de migration à celle des travailleurs d’origine danoise qui vivaient dans les villes qui avaient très peu de migration, les études ont démontré qu’il n’y avait pas d’impact négatif.

L’un des chapitres les plus intéressants pour les lecteurs qui s’intéressent aux placements s’intitule « The End of Growth ». Les auteurs expliquent pourquoi la croissance du produit intérieur brut dans les économies bien établies est problématique. Ils examinent l’équilibre entre les capitaux et la main-d’œuvre de divers pays, les investissements dans l’infrastructure, la productivité multifactorielle et les facteurs clés de l’innovation. Ils se penchent également sur les pays en voie de développement afin d’analyser les indicateurs de la croissance.

En fin de compte, il n’y a pas de réponses faciles. Les auteurs présentent des théories et décrivent leurs limites. À la fin du chapitre, M. Banerjee et Mme Duflo avertissent les lecteurs qu’ils devraient se méfier des « politiques qui font valoir la croissance, car elles sont probablement irréalistes ». Le chapitre « The End of Growth » joue sur les mots. Lorsque les auteurs parlent du bien-être de la société, ils préconisent l’adoption d’une approche qui irait au-delà de la croissance du PIB. L’avertissement qu’ils nous donnent à propos de la confiance excessive que nous accordons à une simple mesure me rappelle le cours de statistiques sur le milliardaire qui s’est présenté à une fête. Les gens qui étaient déjà à la fête sont immédiatement devenus, en moyenne, des millionnaires, malgré le fait que la médiane a à peine changé.

Si vous avez des questions ou des commentaires concernant les livres sur lesquels nous nous penchons, envoyez-nous un courriel pour poursuivre la discussion.


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